Le mythe et malentendu du développement personnel

de | 17 juin 2016

Bullshit

 

Quand j’ai commencé, je ne savais pas ce qu’était le développement personnel. Tout ce que je savais, c’était que je souffrais et que je ne pouvais pas continuer comme ça. Et évidemment, je n’avais AUCUNE idée de ce que j’allais découvrir sur mon chemin. Surtout, je n’avais PAS DU TOUT conscience des difficultés à venir.

Le milieu du développement personnel nous montre toutes ces images à la con de paysages photoshoppés, de personnes complètement random levant les bras au ciel au milieu de champs tellement ils sont heureux ou pire, ces trucs immondes avec anges, dégradés pastels ou que sais-je encore. Oui, les citations inspirantes, c’est génial. J’en ai moi-même accumulé une belle collection au fil des lectures. Et ça aide à garder le cap dans les moments les plus difficiles.

Illu

Car c’est bien de ça dont il sera question ici. L’envers du développement personnel, ce que le marketing cache.

Pour une raison qui m’échappe (ou pas), les produits de développement personnel sont designés avec des couleurs douces, des polices de caractère trendy (sans sériph, genre script tout en capitales), et des illustrations un peu cuculapraline (parfois). Mon expérience (et mes goûts, mais surtout mon expérience) me font me gausser devant cette façon de faire, parce que mon vécu de la transformation bien que gratifié de moments magnifiques, a surtout été marqué par les phases les plus ingrates, laborieuses, inconfortables, ardues, voire franchement décourageantes. Mais point de pessimisme ici. Tout cela a porté ses fruits, dont les bienfaits excèdent de très loin les tourments du passé.

  1. Nettoyer et se débarrasser des limitations et mémoires est salissant

De mon expérience, les citations motivantes et affirmations positives ne suffisent pas pour se libérer des entraves profondément ancrées. Il faut aller mettre les mains dans la merde, aller chercher, dénicher et exterminer les parasites en mode “Search and destroy”. Aller explorer les tréfonds du subconscient pour le nettoyer ne se fait pas en habits du dimanche. Il faut mettre la combinaison ignifugée, les bottes en caoutchouc et la frontale. Et c’est parfois aussi agréable que d’aller se balader dans les égouts.

De même que Dante est descendu aux Enfers et a marché parmi les damnés en étant le témoin direct de leurs souffrances, quand on descend voir tout ce qui plombe notre progression, on se retrouve face à ses propres démons, comme le dit l’expression populaire.

On peut être amené à revivre des expériences traumatisantes pour leur permettre de s’en aller. On met le doigt là où ça fait tellement mal pour purger la douleur et la transcender. Et surtout, on remue, on crée le chaos pour que la guérison puisse avoir lieu. On remet en cause les repères (certes douloureux, mais repères quand même) pour aller vers un nouvel horizon (certes plus positif mais tout de même vers l’inconnu). On passe alors par des phases très inconfortables où s’effondrent les croyances et limitations caduques pour laisser place à plus d’expansion. C’est le chaos total, c’est la plongée vers l’inconnu. On peut aussi avoir des symptômes physiques (perso : nausées, douleurs, fatigue accrue…), des cauchemars, des sautes d’humeur… La liste varie selon les personnes.

Et tout ça, c’est pas agréable pour ce bon vieil ego. L’ego n’aime pas trop avoir l’impression d’être un chiot à qui on met le nez sur la crotte qu’il vient de faire sur le tapis. Il n’aime pas regarder en face les peurs, les illusions qu’il a créé et ne supporte pas qu’on remettre en cause ses choix. C’est un enfant capricieux qui n’aime pas qu’on change ses habitudes.

  1. Accepter et inclure le « côté obscur » plutôt que l’occulter

A l’occasion d’une session de sparring à la fin d’un entraînement de krav-maga, la fatigue et le manque d’expérience aidant, face au coach qui envoie les coups, je me retrouve très, très vite dans l’incapacité de répliquer, de conserver une garde.

Et tout d’un coup, le souffle se bloque complètement, et je m’effondre en larmes. Gros sanglots, comme après un important choc émotionnel.

  1. Visualiser ne suffit pas : il faut passer à l’action

La loi de l’attraction marche à condition qu’on aille jusqu’au bout de la démarche : passer à l’action, et sans attendre. Lorsqu’on a un but dont l’atteinte paraît lointaine, il est plus facile de tomber dans la rêverie et la procrastination parce qu’on ne voit pas dans l’immédiat quoi faire pour concrétiser son but. Et si on est dans la souffrance ou dans une situation inconfortable, il est encore plus facile de céder à l’impatience et l’anxiété.

Or, un but de grande envergure, quelque chose qui change vraiment la vie, ne se fait en général pas du jour au lendemain. Son atteinte est faite de centaines de milliers d’actions, plus ou moins grandes, qui mises bout à bout constituent l’ensemble du chemin parcouru.

C’est pourquoi il est capital de COMPRENDRE que peu importe le point à partir duquel on commence, il suffit d’entreprendre l’action la plus facile et immédiate ici et maintenant, avec les moyens dont on dispose, ici et maintenant. Ensuite sera dévoilée l’étape suivante à faire, et ainsi de suite.

La compréhension profonde de ce processus est l’antidote au découragement, aux illusions, et une fois qu’on en a fait l’expérience et atteint un but par ce biais, sa réutilisation devient une seconde nature. C’est un excellent exercice en prise de décision, car chaque action, aussi petite soit-elle, est un choix. Et lorsqu’on fait l’expérience de la portée positive de chacun de ces choix, l’estime de soi grandit et il devient plus facile de créer sa vie telle qu’on la désire.

En complément de la visualisation ou utilisé à part entière, il est un outil très puissant qui justement aide à diriger ses pas toujours plus près du but : les questions.

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2 réflexions au sujet de « Le mythe et malentendu du développement personnel »

  1. Ecologie-citadine

    Merci pour cet article très à propos.
    Je suis d’accord avec toi, en vrai le développement personnel, c’est dur et il faut du courage pour se lancer là-dedans car cela veut dire aller voir son côté obscur, avec souvent une phase où on à l’impression d’aller « encore plus mal », avant de pouvoir vraiment avancer.
    La libération, les bras au ciel et les couleurs pastels, c’est pour après, c’est la récompense (et encore, quand on commence, on peut toujours creuser plus profond en soi, mais c’est passionnant).

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