Comment avoir une discipline durable

de | 6 mars 2017

pexels-photo

La question de la discipline se pose très vite dès lors qu’on se lance dans la réalisation d’un projet personnel.

Pas de directives d’un chef au-dessus de soi, pas de balisage, on avance en territoire vierge, à défricher. On est seul(e) avec comme seule ressource la motivation devant une montagne de travail. La discipline devient nécessaire pour persévérer, nous aider à endurer les passages à vides, les traversées du désert, ces moments où le but semble si lointain et si difficile à atteindre.

Pour la plupart d’entre nous, la seule expérience de discipline que nous avons expérimenté est celle de l’école mêlée à celle de l’éducation parentale.

Ainsi, on est tenté de reproduire ce schéma sur soi-même lorsqu’on est livré à nous-même pour accomplir un travail en autonomie.

Or, l’école et l’éducation parentale ne sont pas toujours des modèles qui ont convenu à tout le monde, loin s’en faut.

Nous avons dans notre inconscient collectif cette image austère et autoritaire associée à la notion de discipline héritée de notre culture très marquée par le christianisme, avec son défilé d’ecclésiastes se flagellant sur fond d’ascèse extrêmement stricte.

Cela se retrouve dans la définition du Larousse:

Discipline

Branche de la connaissance pouvant donner matière à un enseignement ; matière : Les disciplines littéraires.

Ensemble de lois, d’obligations qui régissent une collectivité et destinées à y faire régner l’ordre ; règlement : Se plier à la discipline.

Aptitude de quelqu’un à obéir à ces règles : Élèves qui n’ont aucune discipline.

Obéissance, soumission aux règles que s’est données le groupe auquel on appartient : Il fait grève par discipline syndicale.

Règle de conduite que l’on s’impose, maîtrise de soi, sens du devoir : Il s’astreint à une discipline alimentaire très stricte.

Sorte de fouet utilisé pour se flageller dans un but de mortification et de pénitence.

Grosse ambiance, n’est-ce pas?

Pourtant, lorsqu’on regarde l’étymologie du mot, on retrouve la prépondérance de l’apprentissage:

Discipline
XIe siècle, du latin disciplina (action de s’instruire, enseignement, éducation, école, discipline).

La Transformation Autrement discipline

Bourrichon — travail personnel, photo prise au fr:Musée Unterlinden (Colmar, France)

C’est au Moyen-Age que la discipline est devenue en sus un châtiment, qui donna son nom à l’instrument de celui-ci, à savoir un fouet muni de cordelettes pour la flagellation.

Ce que l’on veut, c’est une discipline durable, c’est-à-dire que l’on peut maintenir sur le long terme sans être amené à se sentir oppressé par une contrainte aveugle au bout d’un certain temps.

Pour mettre en place une authentique discipline, il faut allier deux ingrédients: la communion avec le but recherché et la prise en compte, l’acceptation de ses points forts et fonctionnements intrinsèques.

En d’autres termes: être profondément motivé par le but et travailler selon son fonctionnement et ses points forts.

Être en communion avec notre but a pour conséquence  que la discipline émane de notre motivation profonde, et je dirais même de notre foi en notre projet. Il ne s’agit plus d’une contrainte exercée par un agent extérieur à soi qui nous fait faire les choses “parce qu’il faut” de façon arbitraire.

Il s’agit d’une force intérieure qui nous fait agir parce que le but le demande.
Être aligné sur notre objectif nous permet de décupler nos ressources, notre détermination.

Comme l’explique Peter Drucker dans Managing Oneself, il est capital de se connaître en terme de fonctionnement cognitif. Avez-vous une mémoire visuelle? Auditive? Comment apprenez-vous? Quel type de tâche vous sied le mieux? Quels sont vos points forts? Vos points faibles?

J’ai été confrontée à cette question puisque je fais partie des gens ayant un cerveau qui fonctionne en arborescence. Faire les choses de façon séquentielle me ralentit et diminue grandement mes capacités de concentration.

Après moult expérimentations, il s’est avéré que je ne suis jamais aussi efficace que quand je ne fais aucun planning précis tout en m’autorisant à papillonner. Mon but et les tâches à accomplir pour l’atteindre sont tellement clairs dans mon esprit que je n’ai plus besoin de planifier chaque détail. Ce fonctionnement est complètement contradictoire par rapport à ce que l’école nous apprend à faire, et il m’a fallu de nombreuses années avant de pouvoir enfin me défaire de ce carcan.

Étant naturellement organisée, je suis une pro de la planification de tâches. Or, l’expérience a montré qu’à chaque fois que je planifiais précisément une semaine ou une journée entière, rien ne se passait comme prévu, faute à un aléa parfaitement imprévu. A l’inverse, lorsque je ne planifie rien de façon hyper calibrée et que je me laisse une marge de manœuvre flexible, je suis terriblement productive.
Voilà une petite explication imagée:

Illu_discipline

Comme disait le Dr Seward à propos de Renfield dans Dracula: “There is a method to his madness”.
Je suis ma propre méthode qui peut avoir l’air d’un éparpillement complet vu de l’extérieur.

Je travaille sur mes projets en suivant ce que Peter Drucker préconise, à savoir écrire avec stylo et papier parce que c’est ainsi que je canalise le mieux mes pensées pour créer mon contenu. Plus généralement, écrire m’aide à mieux fixer les informations dans ma mémoire.

Travailler à la réalisation de mes projets qui me tiennent à cœur selon la méthode qui me correspond le mieux nourrit une discipline bien supérieure à celle pratiquée pendant mes années lycéennes passées pourtant dans un établissement aux exigences académiques strictes.

Mon propos ici est simplement de vous enjoindre à vous fier à votre façon de faire les choses, à vous fier à votre fonctionnement qui vous est propre.

Je préconise d’expérimenter différentes méthodes de travail et de n’en garder que ce qui vous convient vraiment.

Au diable l’orthodoxie, créez votre propre méthode!

Merci d’avoir lu, dites-moi dans les commentaires comment vous avez réussi à avoir une discipline ou alors, comment je pourrais vous aider à en acquérir une qui vous fasse avancer!

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2 réflexions au sujet de « Comment avoir une discipline durable »

  1. Aude

    Très très intéressant tout ça !

    Dommage que l’école ai « détournée » l’usage de ce mot (et de l’éducation) car en effet entre une définition qui comprend des mots comme « soumission » et « stricte » et l’autre qui fait référence à l’apprentissage et l’instruction, le choix est vite fait… Il y a clairement quelque petits trucs à revoir dans nos écoles.

    Je me reconnais totalement dans ta représentation du fonctionnement.
    Mais s’agit-il du même sujet ou non que celui désigné par le monotâche ? Plein de guru de la productivité (genre Tim Ferris ou Cédric Annicette pour ne citer qu’eux) prônent le fait de faire une seule chose à la fois, ce qui serait la seule façon d’être au top de l’efficacité. Est-ce vrai pour tout le monde ?
    J’ai tendance à commencer plein de trucs (là tout de suite j’ai pleins d’onglets ouverts de trucs à regarder/faire qui attendent leur tour) et pourtant je finis toujours par retomber sur mes pattes et tout terminer.

    Pour finir je profite de l’occasion pour te nominer aux Blogger Recognition Awards 😀
    http://ecologie-citadine.com/blogger-recognition-awards/

    Répondre
    1. Élise Auteur de l’article

      Hey!
      Merci Aude pour ton commentaire!
      Oui c’est vrai que les gourous de la productivité conseillent de faire une tâche après l’autre.
      Personnellement je comprends ça comme: se réserver une plage horaire dans une journée pour accomplir quelque chose pendant laquelle on se coupe de toute distraction.
      Wow merci je suis touchée 😀

      Répondre

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