Chroniques du burn-out – Épisode 6: De l’épuisement et ses origines

de | 19 janvier 2017

chris_dudgeon

 

Ce n’est pas une phase. C’est qui je suis. Je suis comme ça. Ce n’est pas une pathologie à soigner, ni un défaut. Je suis comme je suis. Tous mes efforts d’intégration ont été vains. J’ai tout essayé, tout envisagé. J’ai épuisé toutes les possibilités.

Et il reste l’immuable.

Je paie le prix de 5 ans et demi de mensonges à moi-même, de peur et de manque de foi en moi. Le prix est très cher puisque, comme je l’ai maintes fois répété, si j’étais suicidaire, je ne me poserais plus la question. Il y aurait une unique et dévastatrice réponse.

Pourquoi l’épuisement?
Le travail en entreprise n’est que EXÉCUTION.
Créativité = ZÉRO
Imagination = ZÉRO
Or, qu’est-ce qui est le plus développé chez moi? La pensée en arborescence propice à la création.
Et quel type de pensée est adéquate à l’exécution? La pensée linéaire et séquentielle.
Et comment est cette faculté chez moi? LIMITÉE.
Or j’ai puisé dedans 8 heures par jour, 5 jours par semaine, pendant 5 ans et demi.

Demandez à quelqu’un qui n’est pas ambidextre d’écrire avec sa main non-habile. Ce sera difficile au début, mais au bout d’un certain temps, la personne va développer quelques compétences et améliorer sa production écrite. Cependant, la courbe de croissance des compétences sera largement en-dessous de celle de la croissance de la frustration. Frustration de ne pouvoir atteindre le même niveau de compétence qu’avec la main habile dans un délai acceptable. S’en suit alors contrariété, puis profond sentiment d’échec, et surtout l’épuisement de devoir lutter pour obtenir un résultat médiocre à partir de ressources très limitées.

Autre exemple: essayez de conduire une voiture avec le frein à main à moitié serré. Au début, ça marche plus ou moins. Mais ensuite le moteur ne peut plus le supporter et tombe en rade, méchamment.

L’épuisement est tel que le sommeil n’est pas réparateur, nerveusement parlant. La pression n’est jamais relâchée parce qu’on n’a même pas le temps de récupérer que la contrainte revient. On se sent HARCELÉ dans son propre esprit. Les journées de travail se succèdent à un rythme bien trop soutenu par rapport au temps nécessaire pour refaire surface et reprendre son souffle.

Il n’est plus question de prendre du recul. C’est impossible de prendre du recul quand la SURVIE est engagée.
On peut vivre dans des conditions matérielles optimales et se sentir mentalement au bord du gouffre, menacé(e) d’effondrement en son for intérieur.

***

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Crédit photo: Chris Dudgeon

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