Apprendre de ses échecs – mon histoire

de | 27 février 2017

6 wins 1 fail La Transformation Autrement

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Après ma licence d’anglais en 2007, j’ai été admise dans une école d’art pluridisciplinaire en Belgique pour y entamer un cursus de communication visuelle. Cette expérience se solda par ce que j’ai longtemps considéré comme un échec: une 2ème année doublée et l’arrêt de ce cursus sans diplôme, pour ensuite entrer dans la vie active loin des métiers créatifs.

Le tableau n’est pas complètement sombre puisque cette expérience fut extrêmement riche en enseignements, et je vais partager 6 d’entre eux avec vous.

1. L’épanouissement loin du cocon familial

Ayant toujours été indépendante et individualiste, il me tardait de quitter la maison familiale. Me retrouver seule, loin de la famille pour la première fois et pour une aussi longue durée a été très libérateur (même si ce fut une période difficile où j’ai dû faire face à mes “démons”).

Être loin m’a permis de prendre du recul par rapport à on éducation, et me rendre compte encore un peu plus de qui j’étais. Pouvoir organiser mon temps comme je le souhaitais en-dehors des cours répondait à une langueur qui m’habitait depuis mon enfance. Cette liberté m’a aussi énormément fait gagner en autonomie, comme pour quiconque doit apprendre à se débrouiller. J’ai progressivement cessé de me percevoir comme une petite fille surprotégée et empotée, et ai commencé à me sentir plus sûre de moi.

2. Au-delà du droit à l’erreur, l’importance de l’erreur

J’ai découvert que la gomme est un outils comme les autres lorsque j’ai commencé à prendre des cours de dessin, pendant mes années de fac d’anglais. On donne forme à son dessin par l’alliance de coups de crayon et de passages de la gomme. L’école publique m’avait appris à surtout utiliser la gomme et l’effaceur le moins souvent possible.

J’ai longtemps été tétanisée avant de commencer à travailler sur un projet parce qu’il fallait que ce soit parfait du premier coup. Or, le premier essai n’est qu’une base de travail qui nous permet de s’orienter vers la vision que l’on a en tête, de cheminer vers un résultat satisfaisant.

Le processus de conception est une suite d’erreurs qui tracent le chemin vers l’excellence. L’expérimentation est un terme plus gratifiant pour désigner la somme d’erreurs que nous nous autorisons pour apprendre, découvrir et élargir le champs des possibles.

Si seulement j’avais pleinement compris cela pendant ces années d’études artistiques…

3. La réconciliation avec le corps

Durant ces années d’études artistiques, j’ai été amenée à poser pour des camarades étudiants. Encore très préoccupée par mon apparence physique, il a été libérateur de participer à ces projets.

La Transformation Autrement

« Come on Vogue… » – Photo originale d’un projet

Ces photos n’avaient absolument pas vocation à mettre en avant des critères esthétiques comme la presse féminine et la mode le font. L’école d’art où j’étudiais était clairement d’obédience conceptuelle, il n’était pas question de photo artistique type “nu” ou “portrait posé” où le modèle est souvent choisi pour ses atouts.

Ce qui déterminait la valeur des clichés, c’était l’intention, l’attitude. Lorsqu’on posait, c’était pour incarner une idée, un concept, pas un canon de beauté.

Cette expérience m’a permis de prendre du recul par rapport à tous ces complexes, ces préoccupations concernant mon corps et son aspect. Après des années de haine de soi, de jugement extrêmement sévère envers moi-même, j’ai pu démarrer réellement un vrai travail de réconciliation avec mon corps. Et ça, ça n’a pas de prix.

4. Les bases du markéting tu apprendras

Lorsqu’il s’agissait de présenter aux profs nos “propositions” en réponse à un sujet de travail, il fallait expliquer la démarche, l’intention, etc. Et convaincre. Car à la clé il y avait la sacro-sainte notation.

Pour chaque sujet, nous devions présenter 10 pistes parmi lesquelles allait être sélectionnée une (voire deux) possibilité viable. Parmi ces 10 propositions, il y en avait de plus ou moins exploitables. D’où l’importance  de savoir produire un discours argumenté pour palier à la faiblesse d’une idée.

Je me suis découvert la capacité à “vendre” mon truc et convaincre les profs alors que les idées n’étaient pas toujours de première qualité.

Sans le savoir j’apprenais sur le tas les bases du markéting, ce qui allait m’être fort utile par la suite.

5. Les idées ne sont rien sans exécution

La Transformation Autrement élastique

Photo originale – C’est de la gouache, pas du sang!

De nombreuses fois, mes camarades venaient avec une ou deux pistes concrétisées, et les huit autres juste sous forme de mots griffonnés dans un carnet. Immanquablement, les profs répondaient qu’ils ne pouvaient juger de la validité d’une idée s’ils n’avaient pas sous les yeux leur réalisation complète ou partielle.

Cette attitude émanait d’un état d’esprit de peur de gaspiller son temps ou son énergie pour quelque chose qui au final n’en valait pas la peine, sans se rendre compte qu’en agissant ainsi, ces étudiants passaient à côté de découvertes insoupçonnées.

C’est une vérité qui dépasse le simple cadre des études d’art. Nous savons tous qu’il existe ce gouffre entre la théorie et la pratique, et souvent nous ne prenons pas la peine de le franchir par paresse ou par peur de se tromper.

J’ai appris à m’autoriser à expérimenter, à me tromper, ce qui remplaça la mentalité de “Est-il préférable de faire ça ou ça?” qui paralyse par “Essayons et on verra bien”.

La différence entre une erreur et une expérimentation c’est le nom que l’on donne à l’action d’essayer.

6. Trouver la liberté dans un cadre donné

L’absence totale de contrainte n’est pas forcément la liberté, car le champs des possibles est presque trop vaste pour être appréhendé.

Se donner des contraintes peut être très stimulant d’une point de vue créatif. L’exemple qui m’a le plus marquée est celui de Daniel Eatock qui s’amuse à chercher toutes les possibilités s’offrant à lui à partir de quelques contraintes de départ. Par exemple, le motif de la ligne, un choix limité de 2 ou 3 couleurs…

L’angoisse de la page blanche est liée à l’absence de contrainte: on ne sait pas par où commencer. Alors que si on se donne un point de départ, on se donne un déclencheur pour laisser libre cours à son imagination.

Merci beaucoup d’avoir lu! Dites-moi dans les commentaire quelles sont les leçons que vous avez apprises grâce à un « échec », et en quoi elles vous ont permises d’avancer!

Partagez et likez si l’article et le podcast vous ont plu 🙂

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